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Le diagnostic mérule : A quelles évolutions s’attendre dans les années à venir ? Interview Emmanuel JUIN, L3A

Le diagnostic mérule, tout comme le ravageur éponyme, est un problème discret. Un de ceux contre lequel on sait qu’il sera impossible de lutter efficacement sans devoir réformer profondément les habitudes et les méthodes ni sans devoir imposer, au final et pour être réellement efficace, des obligations drastiques. Le point sur le sujet avec Emmanuel Juin

Le diagnostic mérule tient une place à part dans la famille des états parasitaires. « Il est difficile de parler de « marché du diagnostic mérule », explique Emmanuel Juin, tout simplement parce que cet état parasitaire n’est ni obligatoire préventivement, ni réellement encadré ».

Dans les faits, le vendeur d’un immeuble situé au sein d’une zone déclarée par arrêté préfectoral « touchée par la mérule », n’est pas tenu (à la différence des termites, par exemple) de faire réaliser un état parasitaire de l’immeuble. Sa seule obligation consiste à informer l’acquéreur de l’existence du risque. « Et quand bien même le vendeur ferait-il procéder à un état parasitaire que celui-ci ne pourrait pas être complet, poursuit Emmanuel Juin, puisqu’il faut sonder parfois jusqu’au cœur des éléments de charpente pour y trouver la présence du champignon. Et peu de vendeurs sont prêts à voir un technicien forer ses charpentes pour un simple diagnostic avant-vente… »

Le fait est que les états parasitaires spécifiques à la mérule existent, mais qu’ils ne sont que visuels et donc, peu efficaces car ne permettant pas de détecter le mérule sans destruction. Ils sont souvent réalisés par des diagnostiqueurs qui se sont formés « sur le tas », et ne peut être fait que sous réserve d’examen des parties non visibles et qui n’ont pas pu être examiné faute de sondage. Autant dire que si le problème n’est pas déjà grave, il ne sera pas détecté.

Le diagnostic mérule ne saurait donc, en l’état actuel des choses et de la législation, constituer un marché, tout au moins sur son volet préventif. « C’est un peu le côté absurde de la chose, insiste Emmanuel Juin : nous intervenons efficacement, c’est-à-dire en réalisant des sondages en profondeur, sur des cas pour lesquels il y a suspicion de mérule. Souvent, les propriétaires réagissent à l’apparition du champignon, et, dans ce cas, la mérule a déjà fait des dégâts dans le bâti. Actuellement, le diagnostic mérule efficace, c’est une intervention en « mode pompier » »

Des solutions transitoires et acceptables

Comment résoudre cette équation ? « Une première étape passerait par une meilleure information à destination des donneurs d’ordre sur le risque mérule : les conditions de son développement, les zones à risques, les coûts engendrés… ». Ainsi, par exemple, certaines régions et certains types d’habitations sont plus touchées que d’autres. Cela peut être dû au fait de la présence antérieure de champignons, mais également à l’utilisation qui est faite de l’habitation. « Si une maison est inhabitée 11 mois de l’année et située dans une région humide, comme c’est souvent le cas avec les résidences secondaires de la façade atlantique, le risque mérule sera bien plus grand que dans le cas d’une habitation principale située en zone froide ou sèche, poursuit Emmanuel Juin ». Le risque étant régionalisé, la prévention devrait l’être également.

« Il serait donc nécessaire de repenser tout le système de certification des diagnostiqueurs sur le volet parasitaire. Le problème mérule est en train de s’aggraver en France : en 1997, les diagnostiqueurs spécialisés intervenaient à 80% sur des infestations de termites et à 20% sur des problèmes de champignons. Aujourd’hui, c’est l’inverse. »

Il apparaît donc indispensable de mettre en place un état parasitaire avant-vente incluant la mérule pour les zones à risques. « Mais une telle obligation rencontrerait inévitablement une forte opposition des professionnels de la vente, avec un risque d’incidence grave sur les prix de l’immobilier dans certains secteurs géographiques ». Car le constat est clair : il n’y a quasiment pas de marché avant-vente pour la mérule, qui est essentiellement un marché d’expertise où les professionnels n’interviennent qu’une fois que le problème déclaré ou soupçonné. Il s’agit plus d’un marché plus « curatif » que « préventif ».

Un risque encore mal connu aux contours encore flous

Outre les coûts de réhabilitation colossaux qui peuvent être engendrés par la présence de mérule dans une habitation, certaines universités commencent également à se pencher sur les risques sanitaires liés à la libération des spores dans l’habitation.

« La mérule est un champignon incroyablement sporagène, affirme Emmanuel Juin. Pour chaque champignon, la production de spores peut se chiffrer en dizaines de milliards, ce qui peut provoquer des problèmes de santé s’ils sont inhalés, et notamment des problèmes respiratoires ou allergiques chez les personnes les plus fragiles.  Une étude est actuellement en cours à la faculté de Caen sur le danger cancérogène des spores de mérule ».

Contacter une expert pour anticiper les risques

Pour  mieux contrôler le risque mérule, L3A propose aux  maîtres d’ouvrages et syndics de copropriétés des diagnostics par des experts de ces recherches utilisant des andoscopes (http://www.expertisemerule.fr/lexpertise). Les investigations sont ainsi beaucoup plus efficaces.

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